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Repeindre ses volets en bois, la méthode d'un artisan peintre

  • Peintres Bordelais
  • il y a 4 jours
  • 5 min de lecture

💡 CE QU'IL FAUT RETENIR

• Les volets en bois exigent une préparation minutieuse (décapage, ponçage, traitement) avant toute mise en peinture, sinon la finition s'écaille en un ou deux hivers.

• Le choix se joue entre lasure, peinture microporeuse ou glycéro haute résistance, selon l'état du bois et le rendu souhaité.

• Travailler volets déposés, à plat et à l'abri du soleil direct, garantit une finition régulière et durable.

• Deux couches croisées, un ponçage entre chaque passe et le respect des temps de séchage font toute la différence.



Pourquoi les volets en bois demandent-ils un entretien si régulier ?


Le volet en bois est l'élément le plus exposé de votre façade. Pluie battante, soleil de plein sud, écarts de température entre le jour et la nuit : il encaisse tout, en permanence. En Gironde, entre l'humidité océanique du Bassin d'Arcachon et les fortes chaleurs estivales sur le Bordelais, ce matériau vivant travaille énormément, il gonfle, il se rétracte, et la peinture finit par céder.

Concrètement, un volet mal entretenu se reconnaît vite : peinture écaillée, bois grisé, fibres qui se soulèvent, parfois même des traces noires de champignon. Repeindre des volets ne se limite donc jamais à passer un coup de pinceau sur l'ancienne couche. C'est un vrai travail de réfection qui protège le bois avant de l'embellir. Négliger cette étape, c'est condamner sa peinture à s'écailler dès la saison suivante.


Comment préparer un volet en bois avant de le peindre ?

La préparation représente 80 % du résultat, je ne le dirai jamais assez aux clients de mon entreprise de peinture à Bordeaux. Je commence par déposer les volets quand c'est possible, puis je les pose à plat sur des tréteaux. On travaille bien mieux à l'horizontale, la peinture ne coule pas et on atteint tous les recoins.

Ensuite j'élimine l'ancienne finition. Si la peinture est très écaillée, je décape à la spatule ou à la ponceuse pour les couches épaisses. Une fois le support à nu ou stabilisé, je ponce l'ensemble au grain moyen puis fin pour ouvrir la fibre et créer une accroche. Je dépoussière soigneusement, un chiffon légèrement humide fait l'affaire.


Petite parenthèse personnelle : je ne peins jamais un bois humide ou en plein cagnard, le film sèche trop vite en surface et cloque dessous. Un temps sec, sans vent excessif et à l'ombre, voilà les conditions idéales.


Faut-il traiter le bois avant l'application de la peinture ?


Oui, systématiquement. Le bois nu boit l'eau et attire les insectes. J'applique donc un traitement fongicide et insecticide sur les essences sensibles, en insistant sur les chants et les extrémités qui absorbent le plus. Sur un bois grisé par les intempéries, un dégriseur redonne sa teinte naturelle avant le reste.


Vient ensuite la sous-couche, cette impression qui régule l'absorption et prépare la surface aux couches suivantes. Sur les nœuds résineux, une couche isolante évite les remontées de résine disgracieuses. Cette étape paraît fastidieuse, mais c'est elle qui garantit la tenue de votre finition dans le temps.


Quelle finition choisir pour des volets qui durent ?


Tout dépend du rendu voulu et de l'état du bois. La lasure laisse apparaître le veinage, elle est microporeuse et laisse le bois respirer, mais elle demande un entretien plus fréquent. La peinture microporeuse offre un rendu couvrant tout en gérant l'humidité, un excellent compromis. La glycéro ou laque extérieure, elle, donne un film très résistant et lisse, particulièrement adaptée aux volets déjà peints.


Voici un repère rapide pour comparer ces solutions :

Finition

Rendu

Durabilité

Entretien

Lasure

Bois apparent, veiné

3 à 5 ans

Fréquent, sans décapage

Peinture microporeuse

Couvrant, mat ou satiné

6 à 8 ans

Modéré

Glycéro / laque

Couvrant, brillant, lisse

8 à 10 ans

Espacé mais décapage à terme

Pour les teintes, je privilégie des couleurs stables aux UV. Les tons foncés chauffent davantage et vieillissent plus vite au soleil, un point à garder en tête sur une façade exposée plein sud.


Quelles sont les étapes de l'application, concrètement ?


Une fois l'impression sèche, j'applique la première couche de finition à la brosse plate pour les surfaces et à la brosse à réchampir pour les moulures et les lames. Je peins toujours dans le sens du bois, sans surcharge, pour éviter les coulures. Après séchage complet, je passe un léger égrenage au papier abrasif fin, je dépoussière, puis j'applique la seconde couche croisée.


Les temps de séchage entre passes doivent être respectés à la lettre selon les indications du fabricant. Précipiter les choses, c'est ruiner tout le travail en amont. Je laisse ensuite durcir le film avant de reposer les volets, idéalement une journée complète pour éviter que les lames ne collent aux gonds ou entre elles.


Quels outils faut-il prévoir pour un chantier propre ?


Nul besoin d'un équipement de professionnel (je le dis sincèrement, n'allez pas claquer votre argent dans des gadgets hors de prix), mais le bon matériel change tout. Je réunis une ponceuse ou du papier abrasif en grains 80, 120 et 180, une spatule ou un couteau à décaper, une brosse plate de qualité, une brosse à réchampir pour les recoins, un rouleau laqueur pour les grandes lames plates, un bac avec grille et de l'adhésif de masquage pour les gonds et la quincaillerie.


Sur un chantier important, le pistolet airless donne un fini d'usine remarquable, mais il impose un masquage total et un environnement maîtrisé (et il faut savoir l'utiliser). Pour la plupart des volets bordelais, le duo brosse et rouleau reste le plus précis et le plus accessible.


Peut-on repeindre des volets sans les décaper entièrement ?

Oui, si l'ancienne peinture adhère bien. Je gratte les parties qui s'écaillent, je ponce l'ensemble pour matifier la surface et créer une accroche, puis je dépoussière avant d'appliquer directement les nouvelles couches. Un décapage total n'est nécessaire que si le film est trop épais ou globalement décollé.


Quelle est la meilleure saison pour peindre ses volets en Gironde ?

Le printemps et le début d'automne sont idéaux. On évite le gel, l'humidité excessive et les fortes chaleurs qui font sécher la peinture trop vite. Une température comprise entre 12 et 25 degrés, par temps sec et à l'ombre, offre les meilleures conditions d'application.


Combien de temps durent des volets bien repeints ?

Avec une préparation sérieuse et une finition de qualité, comptez de 6 à 10 ans selon l'exposition et le produit choisi. Un simple contrôle annuel et un léger nettoyage prolongent nettement cette tenue, en repérant tôt les zones à retoucher.


Faut-il traiter aussi la quincaillerie et les gonds ?

Absolument. Je démonte ou je protège les pentures, gonds et espagnolettes, et je traite les points de rouille avec un primaire antirouille avant peinture. Une quincaillerie négligée finit par tacher le bois de coulures brunes qui gâchent tout le travail.

 
 
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